La biodiversité des mousses

La biodiversité peut s'observer à plusieurs échelles. Un simple fragment de mousse, poussant dans les fissures du sol, entre les pavés, contient en réalité tout un monde microscopique à observer. Le naturaliste et philosophe niçois, Yves Séméria (1936 - † 2020), spécialiste notamment des Tardigrades, en a d'ailleurs réalisé l'étude.

Les mousses sont en effet capables de survivre à de longues périodes de sécheresse, pour ensuite "revivre" en se gorgeant d'eau à la première humidité. Une foule d'organismes y demeure cachés, sous formes de spores, de kystes ou d’œufs, attendant eux aussi des conditions plus favorables. Lorsque l'on réhydrate une mousse, tous ces organismes se réactivent également, et permettent d'observer, au fil des jours, tout un écosystème minuscule et une biodiversité qui se mettent en place.

Cet écosystème comprend des animaux minuscules, comme les Nématodes, les Rotifères et les plus étonnants, les Tardigrades. Les Nématodes sont de petits vers au corps long et fin. Ils se nourrissent, selon les espèces, d'algues microscopiques, de champignons, ou de petits animaux. Les Rotifères sont également classés parmi les "vers", mais ils sont très différents et appartiennent à un groupe bien distinct. Il en existe de nombreuses sortes très différents. Les Philodines sont les plus courantes dans la mousse. Les Tardigrades sont assez célèbres, pour leur allure, et leurs capacités de résistance. Yves Séméria en a découvert une dizaine d'espèces dans les mousses niçoises. Ces cousins éloignés des Arthropodes (dont les insectes) possèdent quatre paires de pattes et une petite trompe. Leur allure débonnaire et placide, et leurs mouvements en apparence gauches leur ont valu leur surnom d'"oursons d'eau", et leur nom scientifique de Tardigrades, qui veut dire : "qui se déplacent lentement". Les tardigrades sont surtout connus pour leurs capacités de résistance : ils sont capables, en effet, de se déshydrater pour passer les mauvaises conditions sous une forme de résistance, avant de reprendre leur vie dès que les conditions deviennent plus favorables. Plusieurs espèces ont ainsi démontré être capable de survivre à la sécheresse, aux chaleurs extrêmes, à la congélation, aux radiations, et même au vide spatial !

En plus des animaux, il est également possible d'observer de nombreux autres groupes, notamment des microorganismes unicellulaires appartenant à différents groupes, comme les Vorticelles, les Euplotes, les Colpodes, les Héliozoaires ou les Amibes. Les plus grands sont aussi gros que les plus petits animaux, et font partie d'un réseau trophique très complexe qui se met en place dans la mousse.

Posted by fabienpiednoir fabienpiednoir, January 07, 2021 14:40

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